Vie du SYNASAV
PORTRAITS D'ÉLUS - Éric HERNANDEZ : « J’ai débuté en faisant du porte-à-porte »
Entre passion technique, esprit collectif et engagement familial, Éric Hernandez prend la présidence nationale du SYNASAV (il a été élu le mardi 3 mars dernier) avec l’envie de fédérer et d’agir pour les entreprises de maintenance. Un président de terrain accessible.
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je suis Éric Hernandez, j’ai 55 ans, je dirige la société ADG – Maintenance Energétique, en Pays de la Loire, depuis le 1er juillet 1999. J’ai commencé seul, à mon compte, en développant mon activité par la prospection, parfois en faisant du boitage de prospectus.
Quelle est l’activité principale de votre entreprise ?
Nous assurions au départ la maintenance des chaudières gaz et des systèmes de ventilation. Dès 2008, avec la première vague d’installations de pompes à chaleur, nous avons élargi notre expertise à la maintenance de ces équipements. En 2014, alors que nous étions 14 collaborateurs, j’ai fait construire un bâtiment de 860 m² avec bureaux, dépôt et surtout une salle de formation. L’objectif : faciliter l’intégration des techniciens et investir dans leur montée en compétences. Aujourd’hui, nous comptons 30 000 clients, deux tiers de particuliers et un tiers de bailleurs sociaux de la région. ADG emploie 37 collaborateurs.
Depuis combien de temps êtes-vous dirigeant et qu’est-ce qui vous passionne dans ce métier ?
Je suis dirigeant depuis 1999. Ce qui me passionne avant tout, c’est la technique et le terrain. J’aime comprendre, analyser, résoudre. Au sein du SYNASAV, je peux mettre cette expertise au service de la profession, notamment sur des sujets techniques comme le 3CEP depuis 2019 ou encore la révision de la norme AFNOR. J’apprécie également la relation client : notre métier est à la fois technique et humain.
Depuis quand êtes-vous engagé au sein du SYNASAV et à quel moment avez-vous décidé de vous investir davantage ?
Je suis engagé depuis neuf ans. J’ai exercé un mandat en tant que président de région Bretagne–Pays de la Loire, et deux mandats de vice-président aux côtés de Roland BOUQUET. Mon arrivée à la présidence régionale tient d’ailleurs à une anecdote : la veille des élections, le président sortant, Yvon HERVOUET, qui vendait son entreprise, m’a appelé pour me proposer de me présenter. Le lendemain, j’étais élu. Mon engagement est aussi une histoire familiale. Mon père a été président du SYNASAV de 1997 à 1998. Je l’accompagnais aux réunions ; je manipulais les rétroprojecteurs et changeais les diapositives. J’ai grandi au contact des anciens du syndicat.
« La veille des élections régionales, le président sortant m’appelle et me dit : “Éric, il faut que tu y ailles.” Le lendemain, j’étais élu. »
Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous présenter à cette fonction de président national ?
L’envie de préparer l’avenir. Et de poursuivre le travail engagé avec Roland. Nous avons anticipé cette mandature depuis plusieurs mois. Lors d’un séminaire en juin 2025, avec le conseil d’administration, nous avons pris le temps de faire le bilan des trois dernières années et d’identifier les priorités pour les trois à venir. Le programme est le fruit de ce travail collectif. Je souhaite aussi partager davantage les responsabilités, impliquer encore plus les présidents régionaux. Un syndicat fort, c’est une équipe engagée.
Selon vous, quel est aujourd’hui le rôle essentiel du SYNASAV pour les entreprises de la profession ?
Défendre les entreprises de maintenance multi-énergies, sans en laisser aucune de côté : gaz, pompe à chaleur, ventilation, biomasse, et j’en passe… Chaque énergie a sa place selon les logements et les usages. Notre rôle est de porter une vision équilibrée et pragmatique. Défendre les entreprises, c’est aussi défendre leurs clients. Les deux vont de pair.
Quelles seront vos priorités pour ce mandat ?
Donner aux entreprises des outils concrets pour réussir : guides métiers, accompagnement technique - notamment sur le 3CEP - et soutien opérationnel. Autre priorité majeure : valoriser les techniciens. Il faut faire connaître nos métiers, attirer les jeunes et aider les entreprises à recruter. Je veux aussi un SYNASAV plus moderne, plus visible et encore plus proche du terrain. Avec une gouvernance participative, où les régions sont pleinement impliquées et où l’information circule mieux.
Quels sont l’enjeu majeur auxquels les entreprises du secteur doivent faire face aujourd’hui ?
Le recrutement reste le défi numéro un. C’est la réalité quotidienne de nos entreprises.
Comment souhaitez-vous travailler avec les adhérents et être à leur écoute ?
Avec Cyril RADICI, notre directeur général, nous allons faire le tour des régions et participer aux bureaux régionaux. L’objectif est simple : expliquer notre rôle, mais surtout écouter. Les problématiques rencontrées sur le terrain sont souvent communes à tous. Être élu, c’est transformer ces remontées en actions concrètes pour aider l’ensemble des adhérents.
Quel message aimeriez-vous adresser aux adhérents du SYNASAV en début de mandat ?
L’un de mes combats sera l’entretien annuel obligatoire des pompes à chaleur, aujourd’hui fixé à deux ans. Une consultation est prévue en septembre 2026, notamment sur la qualité des produits et le Made in Europe. Nous voulons y intégrer pleinement le volet maintenance : disponibilité des pièces détachées, délais raisonnables, prix cohérents. Aujourd’hui, attendre parfois trois mois pour une pièce n’est pas acceptable. La maintenance doit être reconnue comme un critère essentiel, y compris dans l’attribution des aides. Elle fait partie intégrante de la performance des équipements.
En dehors de votre activité professionnelle, qu’est-ce qui vous anime, ou vous ressource ?
Mon épouse travaille avec moi et mes enfants, encore scolarisés, ont déjà un pied dans l’entreprise à temps partiel. Le professionnel prend beaucoup de place… mais parce que c’est une passion. J’aime construire, transmettre et faire avancer les choses.
Le SYNASAV en 3 mots ?
Défense. Engagement. Indispensable.
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