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Le plan d’électrification du gouvernement a été dévoilé
Entre leasing de pompes à chaleur, fin progressive des aides au gaz et nouvelles contraintes réglementaires, l’État enclenche un virage pour décarboner le chauffage. Objectif : généraliser des solutions électriques et durables tout en réduisant durablement la dépendance aux énergies fossiles.
Le gouvernement a dévoilé jeudi 23 avril l'intégralité d'un plan d'électrification qui comprend 22 mesures. Voici quelques enseignements.
Une offre de leasing de pompes à chaleur (PAC)
L’État souhaite faire émerger une offre commerciale sécurisante pour l’installation de PAC. Cette offre, qui intégrera l’installation, la maintenance, le financement de la PAC ainsi qu’éventuellement la fourniture d’électricité, sera payée sous forme de mensualités sur une durée d'environ 3 ans, en appliquant d’emblée les aides existantes. L’État lancera dans les prochains jours une consultation en vue d'un appel à projets fixant la liste des critères correspondant à cette offre intégrée. L’objectif est de labelliser de premiers acteurs dès l’automne, afin que l’offre puisse bénéficier aux ménages souhaitant changer de chauffage avant l’hiver.
Rénovation : fini les aides pour le gaz
Les aides à la rénovation énergétique MaPrimeRénov' ne subventionneront plus les rénovations globales qui prévoient de conserver un chauffage au gaz à l'issue des travaux. Dès le 1er septembre 2026, les aides à la rénovation d'ampleur seront conditionnées à un changement de chaudière si celle-ci utilisait une énergie fossile. Pour les bailleurs sociaux, le dispositif Eco-PLS ne financera plus aucune installation au gaz d’ici 2027. Cette mesure s'inscrit dans l'objectif du gouvernement d'atteindre un million de pompes à chaleur françaises installées par an d'ici à 2030.
Fin du gaz dans le neuf
Nous l’évoquions en avril : dans la RE 2020, l’usage du gaz comme chauffage principal est limité pour les maisons individuelles depuis 2021, et pour les immeubles collectifs depuis 2025. Toutefois, les critères actuels permettent encore que de nouveaux bâtiments collectifs incluent encore du gaz en appoint ou en solution hybride. Afin de ne plus créer de nouvelles dépendances aux énergies fossiles, les solutions techniques alternatives (pompes à chaleur, géothermie, réseaux de chaleur, chauffe-eaux thermodynamiques, etc.) doivent être privilégiées. Ces évolutions seront intégrées dans un texte réglementaire spécifique. Il entrera en vigueur au 1er janvier 2027 pour les logements, et dans les années suivantes pour les bâtiments tertiaires.
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Rendre les bâtiments de l’État exemplaires
Le parc immobilier de l’État, encore largement dépendant des énergies fossiles, va accélérer sa décarbonation en facilitant les travaux de rénovation énergétique, notamment via le relèvement du seuil des marchés publics à 140 k€, afin de remplacer plus rapidement les chaudières gaz. Cette stratégie, ciblant en priorité les bâtiments les plus consommateurs, vise à réduire significativement les achats de gaz (jusqu’à environ 8,5 %) tout en générant des économies d’énergie sur le long terme.
Limiter les nouveaux raccordements au gaz pour les bâtiments
Un décret imposera à partir de 2027 que les bâtiments prenant un nouveau raccordement au gaz en supportent pleinement le coût, mettant fin à la mutualisation actuelle entre tous les consommateurs. Cette mesure vise à encourager des alternatives plus durables comme l’électrification ou les réseaux de chaleur, avec l’objectif de ne plus générer de nouvelles consommations de gaz.
Pour en savoir plus et consulter les 22 mesures du plan d'électrification
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