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Pompes à chaleur : le Gouvernement lance une offre intégrée avec installation, financement et maintenance
Le Gouvernement lance une offre « clé en main » pour accélérer l’installation de pompes à chaleur air/eau chez les ménages modestes. Installation, financement, fourniture d’électricité, pilotage et maintenance sont réunis dans un même dispositif.
Le Gouvernement a présenté, le 30 septembre 2026, les six premiers lauréats de son « offre intégrée » consacrée aux pompes à chaleur. Cette mesure, inscrite dans le plan d’électrification présenté au printemps 2026, vise à simplifier le parcours des ménages souhaitant remplacer leur système de chauffage par une pompe à chaleur air/eau.
Le dispositif entre désormais dans sa phase opérationnelle : les six consortiums sélectionnés se sont engagés à installer 55 000 pompes à chaleur supplémentaires. Les précommandes sont ouvertes depuis le 1er octobre 2026 et les premières installations doivent intervenir à partir de novembre. Une nouvelle relève de candidatures est annoncée pour le 1er janvier 2027.
L’objectif affiché par le Gouvernement est plus large : atteindre un million de pompes à chaleur installées à l’horizon 2030.
Installation, énergie, maintenance et financement réunis
La particularité de cette nouvelle offre tient à son caractère intégré. Le ménage doit pouvoir disposer, au sein d'une même solution, de plusieurs prestations jusqu’ici généralement traitées séparément.
L’offre comprend ainsi :
- une pompe à chaleur air/eau, assemblée en France ou en Europe, ou produite par un fabricant engagé dans une démarche de relocalisation à court terme ;
- l’étude préalable du logement et le dimensionnement de la PAC en fonction de ses besoins ;
- l’installation par des professionnels qualifiés ;
- une offre de fourniture d’électricité à prix fixe pendant trois ans ;
- un contrat de maintenance d’au moins trois ans, couvrant l’entretien régulier ainsi que les interventions en cas de panne ;
- une solution de pilotage de la consommation ;
- la mobilisation des aides disponibles ;
- une solution de financement permettant de mensualiser le reste à charge.
Le Gouvernement précise par ailleurs que les offres doivent proposer au moins un modèle de PAC réversible permettant, lorsque le logement et son système de chauffage le permettent, d'assurer le chauffage en hiver et le rafraîchissement en été.
Un enjeu important de qualité des installations
Pour les professionnels du génie climatique, le dispositif comporte plusieurs exigences importantes en matière de qualité.
Avant l’installation, le logement doit être étudié afin de vérifier que la pompe à chaleur constitue une solution adaptée. L’équipement doit ensuite être dimensionné en fonction des caractéristiques et des besoins du logement.
Cette attention portée au dimensionnement constitue un enjeu essentiel : les performances réelles d'une pompe à chaleur dépendent notamment de son adéquation avec les besoins du bâtiment, de la qualité de sa mise en œuvre, de ses réglages et de son suivi dans le temps.
Autre disposition notable : 70 % des installations réalisées dans le cadre de l’offre intégrée doivent faire l’objet d’un contrôle sur site, destiné à vérifier la conformité de l’équipement installé et la qualité de la pose.
Pour les entreprises du secteur, ces dispositions confirment la place centrale du savoir-faire professionnel dans le déploiement à grande échelle de la pompe à chaleur.
La maintenance intégrée pendant au moins trois ans
L’intégration de la maintenance constitue également l’un des principaux éléments du dispositif.
Chaque offre doit prévoir un contrat de maintenance d’une durée minimale de trois ans, couvrant à la fois l’entretien régulier de la PAC et les interventions en cas de panne.
Cette disposition inscrit donc le suivi de l’équipement dès la conception de l’offre commerciale et financière proposée au particulier. Au-delà de l’installation initiale, le dispositif prend ainsi en compte la performance de l’équipement dans la durée.
Pour les entreprises de maintenance en génie climatique, cette évolution est particulièrement importante. L’augmentation du parc de pompes à chaleur installées entraîne mécaniquement des besoins croissants en matière d’entretien, de réglage, de diagnostic, de dépannage et de maintien des performances des équipements.
Six consortiums sélectionnés
Six consortiums ont été retenus lors de cette première phase :
- CapConfort : Hellio Solutions, Homyos, Akéa Énergies, Winter, Alpiq et Cofidis.
- IZI by EDF : IZI by EDF, EDF et Domofinance.
- Le PAC’TE français : Alterna énergie, Saunier Duval et Cofidis.
- Octopus x Effy : Octopus Energy et Effy.
- Hello Watt x Engie : Hello Watt et Engie.
- Sonepar : Sonepar, Ecair, Ace Énergie, TotalEnergies et Sofinco.
Les modèles retenus associent ainsi différents acteurs de la chaîne de valeur : fournisseurs d’énergie, fabricants de pompes à chaleur, distributeurs, professionnels de la rénovation énergétique et de l’installation, organismes de financement et équipementiers.
Les modalités opérationnelles diffèrent selon les consortiums. Certains s’appuient notamment sur des réseaux existants de professionnels et d’installateurs pour assurer l’installation et/ou la maintenance des équipements.
Une aide moyenne annoncée de 9 800 euros
Le dispositif est destiné aux propriétaires de maisons individuelles appartenant aux catégories de revenus modestes et très modestes, selon les critères de l’Agence nationale de l’habitat (Anah).
Selon le ministère de l’Économie, le montant moyen de l’aide doit atteindre 9 800 euros par ménage.
Le soutien financier repose sur les Certificats d’économies d’énergie (CEE), avec une aide spécifique destinée à cette offre intégrée.
Point de vigilance : cette aide est annoncée comme non cumulable avec MaPrimeRénov’. L’éligibilité est également conditionnée au fait de ne pas avoir déjà déposé une demande d’aide auprès de l’Anah.
Un reste à charge mensualisé
L’objectif du dispositif est de réduire le frein constitué par le coût initial d'une pompe à chaleur.
Le principe retenu consiste à mensualiser le reste à charge afin que, selon les hypothèses retenues par le dispositif, la dépense globale après travaux — comprenant le remboursement du reste à charge de la PAC, les dépenses d’électricité et le contrat de maintenance — reste inférieure ou égale à la dépense énergétique mensuelle du ménage avant travaux.
Selon le Gouvernement, les offres ont été conçues pour permettre, dans la très grande majorité des situations, un remboursement du reste à charge en trois ans.
Dans certaines configurations, notamment lorsque les besoins de chauffage et donc les économies attendues sont moins importants, cette durée pourra être supérieure. Elle ne pourra toutefois pas dépasser cinq ans.
Ces projections reposent sur des hypothèses conventionnelles de consommation, de température et de prix des énergies. Elles doivent donc être appréciées en fonction de la situation réelle de chaque logement et de chaque ménage.
Le particulier reste libre de son fournisseur d’électricité
Bien que l’offre comprenne une fourniture d’électricité à prix fixe pendant trois ans, sa souscription n’est pas obligatoire.
Le Gouvernement précise que le particulier conserve la possibilité de changer de fournisseur d’énergie à tout moment, sans conséquence sur le financement ou sur l’entretien de sa pompe à chaleur.
Le système de pilotage doit, quant à lui, permettre de privilégier certaines périodes durant lesquelles l’électricité est davantage disponible et moins chère. Ce pilotage demeure sous le contrôle du ménage et doit respecter une plage de confort définie par celui-ci.
Ce qu’il faut retenir pour les entreprises du SYNASAV
Au-delà du mécanisme financier destiné aux particuliers, cette nouvelle offre intégrée illustre une évolution importante du marché de la pompe à chaleur : l’installation de l’équipement est désormais davantage associée à son dimensionnement, son pilotage, son financement et surtout son suivi dans la durée.
Pour les professionnels du génie climatique, plusieurs points méritent donc une attention particulière : l’importance de l’étude préalable du logement, la qualité du dimensionnement, le recours à des professionnels qualifiés, le contrôle de la qualité des installations et l’intégration d’une maintenance d’au moins trois ans.
Le déploiement annoncé de 55 000 équipements constitue par ailleurs un volume significatif d’installations et, à terme, de PAC à entretenir et à dépanner.
Le SYNASAV suivra les modalités de déploiement de cette offre intégrée et leurs conséquences pour les entreprises de maintenance en génie climatique.
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