Vie du SYNASAV
PORTRAITS D’ÉLUS – Fabrice MAGNO : « Je suis devenu chauffagiste par accident… et par passion »
Ancien étudiant en architecture devenu dirigeant d’entreprise, Fabrice MAGNO incarne un parcours atypique guidé par le goût du terrain. À la tête d’AMGaz depuis 25 ans, il est aujourd’hui président de la région Auvergne-Rhône-Alpes du SYNASAV. Engagé de longue date, il défend une vision collective du métier, entre proximité humaine, partage d’expériences et adaptation aux mutations du secteur.
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je suis Fabrice Magno, j’ai 54 ans. Je suis devenu chauffagiste un peu par hasard. À l’origine, je me destinais à une carrière d’architecte. Le déclic est venu d’une situation très concrète : je vivais à Bron, le chauffage est tombé en panne. Mon père, qui était plombier, ne pouvait pas intervenir. J’ai donc fait appel à un professionnel. En quelques minutes, la panne était réglée. J’ai été marqué à la fois par l’efficacité de l’intervention et par sa rentabilité. C’est comme cela que je me suis converti, à 26 ans. J’ai ensuite exercé pendant cinq ans comme technicien de maintenance puis responsable d’équipe chez Electrogaz. Lorsque la société a été vendue, j’ai saisi l’opportunité de me lancer à mon compte et de créer AMGaz. Nous fêtons d’ailleurs en ce mois de mars nos 25 ans !
Quelle est votre entreprise et son activité principale ?
AMGaz est une entreprise exclusivement dédiée à la maintenance des équipements. Nous nous sommes d’abord développés sur un positionnement haut de gamme, principalement en résidentiel. Avec le temps et la notoriété, nous avons élargi notre activité vers le petit collectif. Depuis environ six ans, nous intervenons également sur la maintenance des pompes à chaleur et de climatisation. Aujourd’hui, l’entreprise compte 27 collaborateurs. Nous avons deux filiales : AMGaz Isère, créée il y a sept ans, qui compte sept salariés, et plus récemment AMGaz Vallée du Rhône. Ces filiales nous permettent d’élargir notre zone d’intervention et d’améliorer notre réactivité auprès des clients.
Depuis combien de temps êtes-vous dirigeant et qu’est-ce qui vous passionne dans ce métier ?
Cela fait maintenant 25 ans, et ce qui me frappe encore aujourd’hui, c’est qu’on ne fait jamais vraiment le tour du métier. Il y a toujours de nouvelles situations, de nouveaux défis, de nouvelles décisions à prendre. Ce qui me passionne, c’est cette liberté d’action. Et avec le temps, j’ai aussi découvert une dimension que je n’imaginais pas au départ : l’humain. Voir évoluer ses collaborateurs, les accompagner dans leur parcours de vie, c’est extrêmement fort. Nous avons toujours tenu à préserver un esprit collectif chez AMGaz. Même si le métier peut sembler individuel, nous favorisons les échanges au quotidien. Et l’équipe se retrouve régulièrement. Nous avons même intégré des espaces de détente dans l’entreprise, avec un mur d’escalade et une salle de jeux, pour entretenir cet esprit collectif. Cet état d’esprit est essentiel pour nous. Et nous faisons un métier exceptionnel : il est aussi unique par la relation que nous entretenons avec les clients. Nous intervenons chez eux de manière régulière, parfois sur plusieurs années. On voit évoluer les familles, les parcours de vie. Cette proximité est très enrichissante.
Depuis quand êtes-vous engagé au sein du SYNASAV et à quel moment avez-vous décidé de vous investir davantage ?
Je suis adhérent depuis une dizaine d’années. Mon engagement actif est plus récent puisque c’est mon deuxième mandat. C’est mon ami Mustafa Ghezzal qui m’a entraîné dans l’aventure. Il m’a proposé de le rejoindre en tant que vice-président de la région au début des années 2020. Lorsqu’il a dû se retirer, j’ai été amené à prendre la présidence régionale.
« De plus en plus d’acteurs extérieurs à la maintenance, souvent issus de l’énergie ou des services, s’intéressent à notre secteur. Cela interroge l’avenir de la profession et la place des entreprises historiques : il faudra rester vigilants face à ces évolutions. »
Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous présenter à cette fonction de président régional ?
C’est un coup du destin. Au départ, c’est vraiment une histoire de rencontre et d’opportunité. Mais très vite, j’ai compris l’intérêt de l’engagement collectif. Le SYNASAV permet de prendre du recul par rapport à son activité, de partager des problématiques et surtout de contribuer à faire évoluer la profession.
Comment est composé votre bureau régional ?
Nous travaillons ensemble depuis plusieurs années. Ce sont des personnes avec qui je partage des valeurs et des enjeux métier communs. Un point essentiel pour nous : laisser la concurrence de côté. Au sein du SYNASAV, on échange librement sur nos problématiques et sur les solutions que chacun met en place. Nous avons également réussi à créer une vraie complémentarité entre entreprises indépendantes et grands groupes nationaux. Cette diversité est une richesse.
Selon vous, quel est aujourd’hui le rôle essentiel du SYNASAV pour les entreprises de la profession ?
Au niveau régional, notre rôle est de faire remonter les réalités du terrain, qu’il s’agisse de petites structures ou d’entreprises plus importantes, et de les porter au niveau national. Le SYNASAV est aussi un appui précieux pour accompagner les entreprises face aux exigences réglementaires. Des sujets comme le Certibiocide ou la norme NF Gaz peuvent représenter de véritables obstacles lorsqu’on est seul. Le syndicat permet de simplifier ces démarches et de faire gagner un temps précieux.
Quelles seront vos priorités pour ce mandat ?
Nous souhaitons renforcer les échanges avec les adhérents, notamment ceux qui sont moins impliqués au quotidien dans la vie du syndicat. L’objectif est de créer davantage de moments de rencontre, identifier des solutions et rompre l’isolement que peuvent ressentir certains dirigeants.
Quels sont les enjeux majeurs auxquels les entreprises du secteur doivent faire face aujourd’hui ?
Le recrutement reste une problématique. Des initiatives existent, comme les formations proposées par La Solive ou l’École Gustave, ainsi que des job datings qui fonctionnent bien. Mais un autre enjeu émerge : l’arrivée de nouveaux acteurs sur le marché de la maintenance. Des entreprises extérieures au métier, parfois issues de l’énergie ou des services, s’y intéressent de plus en plus. Cela pose la question de l’évolution du secteur et de la place des entreprises historiques. Il faudra rester vigilants face à ces transformations. Et la question se pose : quelle sera la tendance dans les années à venir ? Qu’est-ce qui va réellement s’imposer ? Jusqu’où ces nouveaux acteurs vont-ils aller ?
Comment souhaitez-vous travailler avec les adhérents et être à leur écoute ?
Nous souhaitons développer des formats plus conviviaux, comme des petits-déjeuners ou des after-works. L’idée est de favoriser des échanges simples et ouverts, y compris sur des sujets qui dépassent le strict cadre technique : gestion, organisation, ressources humaines… Ces moments permettent de libérer la parole et de mieux comprendre les besoins de chacun.
Quel message aimeriez-vous adresser aux adhérents du SYNASAV en début de mandat ?
N’hésitez pas à nous solliciter. Les remontées du terrain sont essentielles pour faire avancer les choses et trouver des solutions adaptées. Le SYNASAV ne peut fonctionner efficacement que grâce à l’implication de ses adhérents.
En dehors de votre activité professionnelle, qu’est-ce qui vous anime, ou vous ressource ?
J’ai longtemps pratiqué des sports extrêmes. Aujourd’hui, je joue au golf. C’est un moment de détente, en pleine nature, que je partage avec des amis. Cela permet de prendre du recul et de relâcher la pression.
Le SYNASAV en trois mots ?
Poursuivre la dynamique engagée par notre ancien président Roland BOUQUET : le SYNASAV a gagné en poids et en visibilité, y compris en région, et cela se ressent concrètement.
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