Règlementation / Technique
RE2020 : de nouvelles règles pour mieux prendre en compte le confort d’été en 2027 ?
Le confort d’été pourrait évoluer dans la RE2020 dès 2027. Le Gouvernement envisage de revoir les seuils réglementaires, de renforcer les solutions passives et de faciliter le recours à la climatisation lorsque celle-ci est nécessaire.
Face à la multiplication des épisodes de fortes chaleurs, la réglementation environnementale RE2020 pourrait connaître plusieurs évolutions en 2027. Le 5 novembre 2026, le ministère chargé du Logement a présenté les conclusions de la concertation consacrée à l'amélioration du confort d'été dans les bâtiments neufs.
Quatre axes prioritaires ont été retenus : actualiser les données climatiques, encourager les solutions passives de rafraîchissement, faciliter le recours à la climatisation lorsque nécessaire et mieux intégrer les risques sanitaires liés à la chaleur.
Un décret et un arrêté sont envisagés pour février 2027, selon un calendrier encore indicatif.
1. Adapter la RE2020 aux futures vagues de chaleur
La première évolution concerne les données météorologiques utilisées dans les calculs réglementaires.
Le Gouvernement souhaite intégrer la Trajectoire de réchauffement de référence pour l'adaptation au changement climatique (TRACC) afin de mieux anticiper les températures auxquelles les bâtiments seront exposés dans les prochaines décennies. La prise en compte des îlots de chaleur urbains (ICU) est également envisagée. Trois niveaux d'exposition pourraient être distingués, selon que le bâtiment se situe dans un environnement peu dense, urbanisé ou très dense.
Ces nouvelles données entraîneraient une augmentation des degrés-heures (DH) d'inconfort calculés. Les pouvoirs publics proposent donc de revoir et de territorialiser les seuils réglementaires, afin de tenir compte des réalités climatiques locales.
2. Renforcer les solutions passives de rafraîchissement
Le deuxième axe vise à limiter la surchauffe des bâtiments grâce à des équipements et dispositifs peu énergivores.
Les exigences relatives aux protections solaires (stores, volets, brise-soleil orientables, vitrages adaptés) pourraient être renforcées et simplifiées.
La concertation prévoit également de faciliter l'installation ultérieure de brasseurs d'air. Les bâtiments neufs pourraient ainsi devoir disposer d'un câblage adapté, de points de fixation sécurisés et d'une hauteur sous plafond suffisante, sans obligation d'installer immédiatement ces équipements.
Selon les ordres de grandeur présentés par l'administration, les brasseurs d'air peuvent contribuer à réduire la température ressentie de 2 à 4 °C.
Enfin, des exigences renforcées sont envisagées pour certains bâtiments accueillant des publics sensibles, notamment les établissements de santé, les EHPAD, les écoles et les crèches.
3. Climatisation : vers une meilleure prise en compte des besoins de refroidissement
C'est l'un des principaux enseignements de cette concertation pour les entreprises du génie climatique : les pouvoirs publics souhaitent faciliter le recours à la climatisation lorsque celle-ci est nécessaire au confort des occupants.
La RE2020 n'interdit pas actuellement la climatisation, mais les consommations énergétiques associées sont intégrées aux calculs réglementaires.
Trois évolutions sont envisagées :
- Associer brasseurs d'air et climatisation : mieux valoriser leur complémentarité dans le calcul des degrés-heures d'inconfort, y compris dans les bâtiments climatisés.
- Valoriser la ventilation nocturne : permettre une meilleure prise en compte de l'ouverture des fenêtres lorsqu'un système de refroidissement est installé.
- Adapter le seuil énergétique Cep,nr : envisager une majoration de 5 à 6 kWhep/m²/an dans les bâtiments résidentiels pour mieux tenir compte des besoins de climatisation.
Le Gouvernement souhaite également recalibrer le forfait de climatisation afin de l'adapter aux nouvelles données météorologiques.
Attention : ces propositions ne constituent pas encore des obligations réglementaires. Les valeurs définitives dépendront des textes qui seront publiés.
Pour les entreprises spécialisées dans les pompes à chaleur réversibles et la climatisation, ces orientations pourraient favoriser une meilleure prise en compte des besoins de rafraîchissement dès la conception des bâtiments neufs.
4. Mieux intégrer les risques sanitaires liés à la chaleur
Le quatrième axe concerne les conséquences des épisodes de chaleur sur la santé des occupants.
Trois indicateurs complémentaires sont étudiés :
- Les nuits chaudes, pour évaluer l'absence de récupération thermique nocturne ;
- La température intérieure maximale, pour identifier les pics de chaleur ;
- La durée des épisodes de surchauffe, pour mesurer l'exposition prolongée des occupants.
L'objectif serait de retenir un indicateur complémentaire à titre informatif, sans créer de nouvelle obligation réglementaire.
5. Une publication des textes envisagée en février 2027
Le calendrier prévisionnel présenté par le ministère prévoit :
- Novembre 2026 : rédaction du décret et de l'arrêté ;
- Décembre 2026 : consultation du public et des conseils ;
- Janvier 2027 : examen au Conseil d'État ;
- Février 2027 : publication visée des textes réglementaires.
Une période d'adaptation devrait être prévue entre leur publication au Journal officiel et leur entrée en vigueur.
Pour les entreprises adhérentes du SYNASAV, ces orientations confirment l'importance croissante du confort d'été, de la climatisation et des pompes à chaleur réversibles dans la performance globale des bâtiments.
Elles soulignent également le rôle essentiel des professionnels du génie climatique dans le dimensionnement, la mise en service et la maintenance des installations, afin de garantir leur efficacité énergétique et leur performance dans la durée.
Le SYNASAV restera attentif à la publication des textes définitifs et à leurs conséquences pour les entreprises de la profession.
Source : DGALN/DHUP – Restitution de la concertation sur le confort d'été en RE2020, 5 novembre 2026.
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